République du Niger

Ministère de l'environnement l'hydraulique et de l'assainissement

Monsieur le ministre nous sommes à quelques jours de la célébration de la 3e édition de la Journée Nationale de l’Arbre JNA qui aura lieu cette année à Maradi. Pensez-vous que les deux dernières éditions ont répondu favorablement aux objectifs que vous vous êtes fixés au départ et Pourquoi ?

 

Les deux dernières éditions de la Journée Nationale de l’Arbre ont répondu favorablement aux objectifs escomptés c’est-à-dire la restauration des terres dégradées particulièrement la réhabilitation des forêts classées à travers :

  • Les taux de survie, fortement appréciables, des plants respectivement de 96% pour le bois du 26 juillet (1ère édition dans la Forêt classée de Guesselbodi/Région de Tillabéry) et 95% pour le bois Amadou Dan Bassa (2ème édition dans la Forêt Classée de Berberkia/Région de Zinder) ;
  • La production importante de biomasse herbacée respectivement de 720 kg/ha de matière sèche à Guesselbodi et 760 kg/ha de matière sèche.

 

Ces résultats ont été obtenus grâce à l’ingénieuse initiative qui couple la protection (mise en place d’une clôture grillagée et du gardiennage) et l’apport supplémentaire en eau à travers l’arrosage compte tenu du caractère sahélien et pastoral de notre pays.

 

Le thème choisi cette année par les plus autorités est «LA RESTAURATION DES BASES PRODUCTIVES, PILIER DE LA REFONDTION ». Quelles sont les raisons qui ont justifiées ce choix ?

 

D’une part, les bases productives ont été Trop longtemps fragilisées par la dégradation des sols, la coupe abusive du bois, l’avancée du désert et les variabilités climatiques. Les conséquences nous les connaissons tous : la baisse des productions agrosylvopastorales, les conflits agricultures-éleveurs et l’exode rural.

D’autre part, ce thème s’inscrit dans ma lettre de mission et tire son origine dans l’axe 3 du Programme de la Refondation de la République (PRR) intitulé « Développement des bases de production pour la souveraineté économique ». Refonder le Niger c’est refonder notre relation avec la terre. Car la terre, l’arbre, l’eau, et la forêt constituent les bases productives sur lesquelles repose la vie de 80% de nos compatriotes. Ce sont ces ressources qui fertilisent nos champs, abreuvent nos animaux et garantissent la résilience de nos communautés face aux chocs climatiques.

 

En outre, restaurer les bases productives signifie, de manière claire, l’amélioration des conditions de production agricole et sylvopastorale, socle de notre économie puisqu’elle en plus grande partie sur le secteur rural.

La restauration de la base productive aura pour effets et/ou impacts, l’amélioration de la production agrosylvopastorale, l’amélioration de la sécurité alimentaire et de l’état nutritionnelle de nos populations et de leur cheptel, la contribution à l’augmentation des revenus des communautés, l’amélioration des services écosystémiques à travers l’amélioration de la diversité biologique, l’augmentation significative de la contribution du secteur rural au PIB pour ne citer que ceux-là.

 

Pouvez-vous Monsieur le ministre nous expliquer les raisons du choix du néré comme l’arbre de l’année 2026, ses valeurs économiques et les usages qu’on en fait ?

 

 Le néré est un arbre forestier fruitier qui, à l’instar de certains arbres de même nature par exemple le Karité, le Tamarinier et le Détarium, est menacé de disparition. Son choix se justifie de par son importance socioéconomique et ethnobotanique.

 

C’est un arbre nourricier qui apporte de nombreux nutriments (protides, lipides, glucides, iode, vitamines diverses) de très haute qualité. Il constitue donc pour les communautés une source très importante en termes d’alimentation et de nutrition de qualité. La farine de néré apporte la totalité des acides aminés essentiels à l’organisme, du fer (de l’ordre de 15,5 mg/100 g), mais aussi de la vitamine C pour limiter les risques de scorbut.

 

Les graines noires sont riches en lipides (29 %), en protéines (35 %), en glucides (16 %) et constituent une bonne source de graisse et de calcium pour les habitants des zones rurales. Ces graines sont bouillies, fermentées, et broyées (pilées) afin d’obtenir soit des petites boules de pâte, soit une poudre à fortes odeurs appelées soumbala, en bambara dawdawa kalwa en en Haoussa et Dosso Mari en Zarma. Ce produit fait l’objet d’importantes transactions commerciales particulièrement en Afrique de l’Ouest et constitue donc une importante source de revenus pour les communautés. La pulpe jaune glucidique est utilisée comme farine dans la préparation de beignets et autres pâtes appelés Gaskami en Haoussa.

 

En pharmacopée la pulpe peut servir de laxatif. Un bain de siège dans une macération d’écorce dans l’eau permet de traiter les hémorroïdes externes ;

Les cosses peuvent servir d’engrais, de poison pour la pêche ou encore comme crépi pour enduire les murs des cases ;

L’application de poudre de cosses de néré dans les champs cultivés permet de réduire, dans une certaine mesure, l’infestation par la plante parasite Striga hermonthica ;

Le feuillage du néré contribue à l’amélioration de la fertilité du sol. Dans une expérience, l’effet relatif isolé de la caroube au cours de la troisième année de l’expérience était de 86 % ;

 Par ailleurs, la pulpe des fruits, les feuilles et les graines de néré peuvent être utilisées pour nourrir les animaux lors des opérations d’embouche.

 

Quelles sont les activités prévues cette année pour la célébration de la JNA ?

 

Il y’a d’abord l’animation du camp national de reboisement par les membres du Conseil National de la Jeunesse du Niger et les jeunes venus des huit régions. Ensuite la diffusion d’un entretien et d’un débat sur la portée du thème de la JNA 2026 intitule : « la restauration des bases productives, pilier de la refondation » avec un focus sur la gestion du bois de Zinder et perspectives du bois en cours de Maradi et d’un reportage sur le bois Amadou Dan Bassa de Zinder. Il est prévu également la retransmission en direct par la RTN de la nuit écologique à partir de l’université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi, avec plusieurs artistes de renom, suivi de la proclamation des résultats du concours sur la lutte contre la désertification. Enfin la cérémonie officielle de plantation d’arbres dans la commune de Chadakori, forêt classée de Kouroungoussaou, sur la route de Dakoro, sous le haut patronage du Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée ABDOURAHAMANE TIANI.

 

Pour finir je lance un appel à l’ensemble des nigériens pour une grande mobilisation autour de cet évènement de portée nationale, car restaurer les bases productives, c’est garantir notre avenir.

 

Source : Cabinet du Ministre en charge de l’environnement

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